Bonjour
Je n'ai pas été très bavarde ces derniers temps, alors il faut que je me rattrape !
Ce matin, j'ai accompagné Simone au Ferdinandeum, le grand musée local. Il abrite des collections de toutes les périodes, et des expositions temporaires. http://www.tiroler-landesmuseum.at/
Nous y avons emmené les enfants de son groupe pour une animation "peinture et musique". Tout d'abord, nous sommes arrivés un peu trop tôt : 9h30, alors que le musée n'ouvrait ses portes qu'à 10 heures. Heureusement, nous avons pu passer par l'entrée des fournisseurs et ne pas mourir de froid devant la porte.
Les enfants ont été accueillis par deux employées du musée et nous avons coupé le groupe en deux. Nous sommes d'abord allés dans un atelier où l'animatricen, après s'être présentée, a demandé à chaque enfant son prénom et sa couleur préférée. Puis elle les a interrogés sur les différentes manières de peindre : debout, assis, sur un mur, sur une table, au sol, et comment nous faisions au Kindergarten. Elle leur a ensuite distribué des pinceaux (pinceau brosse) et des boîtes de peinture à l'eau. Ensuite, elle leur a demandé d'écouter de la musique les yeux fermés (en l'occurrence un concerto baroque italien). Puis elle les a questionnés sur leur ressenti : était-ce rapide, lent, etc... Ensuite, elle a remis le morceau et leur a demandé de peindre ce que la musique les inspirait. En l'occurrence, les enfants ont utilisé des couleurs assez terriennes : marron, ocre, vert, et un peu de rose lilas (couleur préférée des deux filles, allez savoir pourquoi !). Le tracé était arabesque. Les enfants ont ensuite écouté et peint une musique très rythmée, africaine je pense. Le résultat était tout à fait différent : beaucoup de marron, et sous forme de points ou de hachures. Au final, quelque chose de très structuré et finalement d'assez uniforme dans le ressenti, même si chacun l'a exprimé à sa manière (et on peut reconnaître, pour certains, les dessins des enfants en fonction de leur personnalité).
Nous sommes ensuite montés à l'étage consacrés aux peintres contemporains. Tout d'abord, l'animatrice a présenté les différents instruments du peintre : gros pinceau brosse, petit pinceau, rouleau, truelle, toile, papier... Puis elle les a emmené devant différents tableaux, dont malheureusement je n'ai pas retenu les noms. Mais je les noterai sans doute bientôt : l'expo temporaire me fait bien envie.
Le premier tableau était d'un peintre autrichien du milieu du XXe siècle, qui peignait justement en écoutant de la musique. Et sur la toile, très abstraite, on pouvait suivre à la fois le mouvement de la musique et celle du pinceau. Bon... c'est très abstrait pour vous aussi... Il faut que je trouve des reproductions pour éclairer mon propos. Chaque enfant a reproduit à son tour le mouvement du pinceau. Puis ils ont essayé de reproduire la musique que pouvait entendre le peintre (à l'aide de brosses et de boîtes en carton). Le deuxième tableau était très fouillé : une multitude de fils de peinture. Là, les enfants ont été incités à se dessiner sur le dos l'un de l'autre le trajet d'un trait de peinture. Le troisième tableau était intitulé Sans titre : les enfants ont donc fait appel à leur imagination : que pouvait selon eux représenter cette toile. Et le dernier tableau était réalisé sur papier. Très abstrait également, il pouvait représenter deux corps et les enfants ont tenté de reproduire leur mouvement.

Voilà... C'est peut-être un peu confus. Mais en ce qui me concerne, j'ai trouvé cela vraiment très bien. Cette séance permet d'éveiller les enfants à l'art et à la perception, pas forcément artistique. La liaison éventuelle et non évidente entre musique et peinture a bien été mise en lumière. Je pense que les enfants en ont tiré, chacun en fonction de son âge et de sa sensibilité, quelquechose. Moi aussi, j'ai appris. Aussi bien en ce qui concerne l'art que sur ce qu'on peut faire avec les enfants.
Et... ce qui était loin de me déplaire : j'ai compris, à quelques mots près, tout ce que disais l'animatrice ! C'était vraiment réconfortant. Elle utilisait des mots simples, pour que son discours soit accessibles pour les enfants (les plus jeunes ont 3 ans tout de même), et je pense aussi qu'elle n'utilisait pas de dialecte. Mais c'était pour moi beaucoup moins obscure que ce que raconte tous les jours Judith aux enfants (ou quand elle me parle).