La semaine dernière, dans le cadre du thème de l'année, l'artisanat, nous avons emmené les enfants du Kindergarten visiter le fondeur de cloches d'Innsbruck. On sort un peu du cadre de l'artisanat mais cette fonderie est très ancienne et le travail a peu évolué depuis le Moyen-Age.

Jeudi dernier, nous avons donc pris le tram pour la Grassmayr Glockengiesserei, fondée au XVIème siècle. On nous y a raconté l'histoire des cloches et les étapes de leur fabrication. Les enfants ont pu expérimenter le son des différentes cloches, en fonction de leur taille et du métal dont elle sont faites. Celles qui ont le meilleur son sont en bronze. Les vibrations ont été ressenties grâce à une cloche renversée emplie d'eau et en grimpant dans un bol chantant.

Nous n'avons pas pu voir le travail du fondeur car le lendemain était fondue une grosse cloche, commande d'un monastère orthodoxe sur le mont Tabor en Israël. A défaut, nous avons pu voir les préparatifs : le moule de la cloche était dans son trou, recouvert de terre tassée, l'ancienne fonderie était entièrement remplie de bois, deux fours avaient été préparés pour pouvoir fondre suffisamment de métal, les lingots d'étain étaient prêts à être ajoutés au cuivre en fusion. Le fondeur était rendu anxieux par la météo : s'il faisait du Foehn, la cheminée ne tirerait pas assez et il ne pourrait pas atteindre la température nécessaire. Les fours devaient être allumés le soir même.  Je n'ai pa pu retrouvé la coupure de journal lue après la visite. Il y était expliqué qu'il s'agissait de la plus grosse cloche jamais fondue à Innsbruck et que le monastère avait passé commande auprès d'une fonderie allemande mais que le son de la cloche obtenue n'était pas assez bon, d'où nouvelle commande auprès de Grassmayr.

Il s'agit d'un savoir ancestral, transmis de génération en génération depuis le XVIème siècle, avec quelques secrets bien gardés.

La fonderie ne fait pas que des grandes cloches. Elle fond également des instruments de musique (cloches, clochettes, bols chantants), des cloches pour les vaches bien sûr (de vraies cloches, pas faites de métal plié comme celles que j'avais l'habitude de voir enfant en Auvergne, le son est vraiment différent, beaucoup plus cristallin, porte plus loin et dure plus longtemps), des panneaux, des oeuvres d'art etc... La fabrication des canons a été arrêtée.

Pour aller plus loin :

- le site de la fonderie, très détaillé (on peut même y jouer de la musique et entendre les différentes notes des cloches. On y découvre aussi les autres produits de la fonderie). Malheureusement uniquement en allemand, mais avec de nombreuses photos.

- la page wikipedia, en français et plutôt sur les cloches françaises ; très complète.

- un aperçu rapide des étapes de fabrication d'une cloche